| LES
PAUVRES À L'ÉGLISE (Arthur Rimbaud, June 1871) |
THE
POOR AT CHURCH |
|
| Parqués
entre des bancs de chêne, aux coins d'église Qu'attiédit puamment leur souffle, tous leurs yeux Vers le chœur ruisselant d'orrie et la maîtrise Aux vingt gueules gueulant les cantiques pieux; Comme un parfum de pain humant l'odeur de cire, Heureux, humiliés comme des chiens battus, Les Pauvres au bon Dieu, le patron et le sire, Tendent leurs oremus risibles et têtus. Aux femmes, c'est bien bon de faire des bancs lisses, Après les six jours noirs où Dieu les fait souffrir! Elles bercent, tordus dans d'étranges pelisses, Des espèces d'enfants qui pleurent à mourir. Leurs seins crasseux dehors, ces mangeuses de soupe, Une prière aux yeux et ne priant jamais, Regardent parader mauvaisement un groupe De gamines avec leurs chapeaux déformés. Dehors, le froid, la faim, [et puis] l'homme en ribote. C'est bon. Encore une heure; après, les maux sans nom! Cependant, alentour, geint, nasille, chuchote Une collection de vieilles à fanons: Ces effarés y sont et ces épileptiques Dont on se détournait hier aux carrefours; Et, fringalant du nez dans des missels antiques, Ces aveugles qu'un chien introduit dans les cours. Et tous, bavant la foi mendiante et stupide, Récitent la complainte infinie à Jésus Qui rêve en haut, jauni par le vitrail livide, Loin des maigres mauvais et des méchants pansus, Loin des senteurs de viande et d'étoffes moisies, Farce prostrée et sombre aux geste repoussants; Et l'oraison fleurit d'expressions choisies, Et les mysticités prennent des tons pressants, Quand, des nefs où périt le soleil, plis de soie Banals, sourires verts, les Dames de quartiers Distingués,ô Jésus!les malades du foie Font baiser leurs longs doigts jaunes aux bénitiers. |
|
Penned between oaken pews, in parts of church Warmed foully by their breathing, all their stares On the choir dripping gold and the choir-school, Its twenty muzzles howling pious prayers; Sniffing wax fumes as if they scented bread, Delighted, and disgraced like beaten curs, The Poor send up to God, the master and lord, Their litany, laughable and perverse. How good the wives feel, wearing benches smooth After the six black days God hurts them numb! They rock, bunched up in curious shawls, a kind Of child that cries as if its hour has come. And these soup-feeders, dirty breasts exposed, A prayer in their eyes, although they never pray, Stare at a group of street-girls showing off Wickedly, with their hats in disarray. Outside, cold, hungerand the man on booze. It's all right. One more hour; then, countless pains! Meanwhile, on all sides, a menagerie Of dewlapped crones twangs, mutters and complains: These are the frightened, these the epileptics From whom you turned yesterday in the square; And these the blind a dog leads into yards, Poking their noses, now, in old books of prayer. And all, as they drool their begging, stupid faith, Recite the endless gripe to Christ again, Who dreams on high, yellowed by pale stained glass, Far from the bad thin men and mean fat men, Far from the smell of meat and mildewed cloth, The worn, glum farce of loathsome mummery; And the prayer blossoms out of choice expressions, And the sacraments take up an urgent key, When, where the sun dies in the aisles, green smiles, Folds of trite silk, ladies from town's best quarter, O Christ!the jaundiced ones kiss with their long Yellow fingers the basins of holy water. |
|
|
||
| "The Poor at Church" originally appeared in failbetter.com III, no. 1 (special issue, winter/spring 2001–02). | ||